jeudi 22 avril 2010

Les câbles sous-marin, maillons faibles de l’interconnexion télécoms monde ?

Selon un récent rapport IEEE, il est nécessaire d'étoffer les réseaux de câbles télécoms sous-marins qui relient les continents. Les risques de pannes majeures pouvant impacter l'économie mondiale seraient minimes mais ne doivent pas être ignorés.


Ces dernières années, le volume de données échangées à travers le monde n’a pas cessé de croître .

Ainsi, selon Cisco, le trafic Internet mondial correspondrait à un volume de 11,4 Gigaoctets par mois et par abonnés en moyenne.

C’est inquiétant selon les experts en réseaux IT qui prédisent chaque année une saturation prochaine du World Wide Web.

Et l’essor de la vidéo en ligne et des réseaux sociaux va aggraver la situation.

Le manque de méga-câbles sous-marins pour transporter les données à travers la planète serait l’un des éléments préoccupants.

Un rapport de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers, réalisé par le cabinet d’études EastWest Institute (en lien avec un projet de recherche international), souligne la nécessité de renforcer les réseaux de câbles sous-marins.

Primo, l’objectif est d’éviter l’engorgement des tuyaux. Secundo, il est nécessaire de créer plusieurs chemins physiques différents afin que des réseaux alternatifs prennent le relais en cas d’incident technique majeur ou d’acte malveillant.

Karl Rauscher, ex-conseiller du gouvernement américain sur la cyber-sécurité après les attentats du 11 septembre 2001 et contributeur de cette étude EastWest Institute réalisée pour le compte de l’IEEE, insiste sur la nécessité de blinder et d’étoffer les réseaux de câbles sous-marins pour éviter les risques de paralysie complète de l’économie mondiale.

“Le risque zéro n’existe pas”

Selon Reuters qui a pu obtenir un extrait de ce rapport, la probabilité d’une panne globale ou régionale du réseau est très faible, mais on sait que le risque zéro n’existe pas.

“L’impact d’une telle défaillance sur la sécurité internationale et la stabilité économique pourrait être dévastateur … Il n’y a pas d’alternatives de secours suffisantes en cas de perte totale de la connectivité régionale ou mondiale” , est-il souligné dans ce rapport.

Il précise que “les satellites ne peuvent pas gérer le volume du trafic - la capacité disponible est relativement plus faible.”

Un rapport qui fait figure de signal d’alarme.“La civilisation peut-elle se remettre de la panne d’une technologie qui a été si rapidement adoptée sans un plan de secours ? … Sans (le réseau), l’économie mondiale (marchés financiers) serait immédiatement figée.”

Réseaux câblés sous-marins : des situations préoccupantes en Asie

Le cas de la zone Asie préoccupe. Car l’essor économique ne coïncide pas forcément avec le déploiement de capacités techniques sous-marines adéquates pour faciliter l’interconnexion avec le reste du monde.

En guise d’exemple, l’étude IEEE cite zone du détroit de Luzon au sud de Taïwan, le détroit de Malacca et la Mer Rouge qui sont des points critiques de passages pour les principaux câbles télécoms et peuvent apparaitre comme des “goulets d’étranglement”.

“Une seule catastrophe dans une telle zone pourrait causer une perte totale de la connectivité régionale et mondiale” , souligne le rapport.

On se souvient notamment de l’impact international résultant de la coupure de plusieurs câbles sous-marins en décembre 2008.

Cet incident avait entrainé des perturbations pour plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie.

Notre dépendance pour ces infrastructures critiques et le manque de sécurité qui s’y rattache commencent à inquiéter les experts.

Signe que le sujet préoccupe au plus haut niveau : Karl Rauscher a présenté lundi dernier son rapport à 40 ambassadeurs à Washington.

Il reviendra sur ce sujet critique lors d’un sommet sur la cyber-sécurité qui se tiendra du 3 au 5 mai à Dallas (Texas).

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